La Princesse et le Président, V.G. d'Estaing (XO et Fallois)

Publié le par Le Prix Virilo

Lu par .... Philippe


« Attention talent ! » « A lire avec gourmandise ! »

« On en redemande ! »

Voilà le genre de carton qu’aurait épinglé la librairie Virilo sur le premier de la pile souvent ouvert. Avec fantaisie, VGE nous livre une bluette aux douces fragrances de pissenlit :

Un président et une princesse tombent en amour. Ils vivent leur passion dévorante par delà les turpitudes du pouvoir et les plats trop riches des banquets républicains. Dans une rétro-prospective très « steam-punk » de ce-qui-aurait-pu-être, le président est réélu et impose le quinquennat, mais par amour. Ce qui est déjà assez classe.


D’emblée, le titre détonne. Le poète connait ses classiques et il prend plaisir dès la couverture à nous faire découvrir sa bibliothèque secrète. C’est le souffle court que nous suivons l’Arlequin rieur qui nous relit les meilleurs passages de « La Princesse et le Baroudeur » de Robin Donald. La psychologie amoureuse lorgne elle sans honte du côté de  « La Princesse amoureuse » (Carla Cassidy) et les plus romantiques se rappelleront sans doute de « La Femme d’un président » (Kaye Barbara), qui teinte d’une eau trouble cette belle aquarelle.


               

A plonger si profond dans l’encrier de la passion multicolore, la plume de notre immortel pêche souvent des images éculées mais touchantes par leur candeur assumée. Et il est rafraichissant de s’apercevoir finalement que le nègre moyen de la collection de charme est grosso modo au même niveau d’art que le postérieur académique qui écrase de son talent le siège de Léopold Sédar Senghor.


Armée de sa petite épée de maître, VGE fait donc l’amour à une morte. Il a tenu son pari, ce qui est déjà assez Virilo, mais ce n'est que le début. Réécrire l’histoire pour son bon plaisir dénote un caractère fort. Saper la sortie des mémoires d’un rival tout en rappelant au président en exercice qu’une princesse, de Clèves ou de Galles, ça s’idolâtre en gourmet, voilà du panache !      

 

 


Mais n’en doutons pas, le viril est bien dans ce mâle orgueil qui le force à pérorer tout au long d’un livre que oui, Lady Di, il aurait pu se la faire, mec. L'hormone suinte. Mais alors pourquoi le sublime n’est pas arrivé ? Par quel malheur ne lit-on pas une autobiographie ? Au jeu des sept erreurs entre réalité et fiction, nous ne voyons qu’une explication : Sa femme à lui, Anne-Aymone, n’est pas morte pour de vrai. Et lancer ça avec la nonchalance des grands, voilà qui est peut-être bien « trop virilo ». Mais si, regardez : La testostérone laisse de petites traces rondes sur le beau tapis du salon.


Bref, un sérieux concurrent.

Publié dans Critiques 09

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Stéph 03/11/2009 22:48


En bref : un texte virigolo (jeu de mot déposé ©)