Le Congrès, Jean-Guy Soumy (Robert Laffont)

Publié le par Le Prix Virilo

Lu par... François S.http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/3/8/7/9782221113783.jpg

 

Dame Justice aime à fouiner dans les vies des citoyens qu’elle est censée protéger. Dans le passé, dans les intimités, dans les chambres à coucher… Durant le siècle de Louis XIV, époque à laquelle Eglise et pouvoir se donnaient la main (certainement pour s’encourager mutuellement…), un délit était particulièrement mal vu par l’institution ecclésiastique : se marier lorsque l’on se sait impuissant. L’argument va servir de base au roman de Jean-Guy Soumy. "Un congrès" va se dérouler sous nos yeux. L’Etat et l’Eglise veulent juger de visu la capacité d’un époux à honorer sa femme. Une seule injonction : "Dresser, pénétrer, mouiller". On ne saurait être plus claire.

"Le Congrès" plante le décor d’un siècle impitoyable, où les réputations se font et se défont en quelques instants. Si quelques lourdeurs et incongruités sont à déplorer, l’auteur manie avec aisance une intrigue intéressante et historiquement juste.

 

Lu par... Xavier P.

Mon collègue à moustache a tout résumé. Je précise qu’un écrivain qui s’appelle Soumy aurait pu se voir refuser de fait toute lecture Virilo. Il a contourné, et comment, la sémantique nominale, par une quatrième de couverture alléchante. Trop peut-être : cette cérémonie du Congrès, dégradante, arrive tard dans le roman, et la belle écriture qui nous y mène ne parvient plus, après 150 pages, à maintenir la perversion voyeuriste promise par les quelques lignes de cette page 270. L’historicité du roman (enrichie par une finesse de vocabulaire très enrichissante) apporte cependant un double intérêt : une piqûre de rappel sur la révocation de l’Edit de Nantes et l'oppression envers les protestants, et la découverte d’une Eglise, qu’on savait à l’époque toute puissante certes, mais pas jusque dans le lit conjugal à condamner l’impuissance justement.

Publié dans critiques 2010

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