Mais le fleuve tuera l'homme blanc, Patrick BESSON (Fayard)

Publié le par Le Prix Virilo

 

Lu par... François S          

 

Patrick Besson connaît manifestement bien l’Afrique. Il s’est documenté en profondeur pour ce roman d’espionnage. Un vrai livre "fleuve" écrit dans un style très détaillé (parfois trop). Des moments sont particulièrement forts, notamment l’évocation du génocide rwandais. Son point de vue est particulièrement inattendu car il n’a au départ la faveur d’aucun des deux clans.

Le roman de Patrick Besson est bon, mais les accents de SAS (littéraire certes) sont pesants. Et force est de constater que son écriture convient davantage à ses chroniques du Point qu'à un roman. Bref, une chronique ne tient pas en 500 pages.

 

 

 

 

 

Lu par... Marine

 

Il n’y a pas de héros dans ce roman (fleuve), mais toute une galerie de personnages dont les points de vue alternent pour que nous puissions petit à petit prendre conscience et comprendre les drames qui se nouent à Brazzaville durant les quelques jours que dure le roman. Avec le ou les génocides rwandais en toile de fond, assez lointaine pour ne pas accaparer toute l’histoire et assez présente pour lui donner sa profondeur. Les peuples se mêlent dans ce Congo, cible d’aventuriers de tous pays qui le fantasment. Personne n’est épargné, ni le pouvoir en place, ni les pathétiques Européens qui s’y aventurent pour y faire des affaires ou pour participer au grand domino international, ni même cette Japonaise obsédée par les pénis noirs. Malgré sa longueur, l’entremêlement des vies et des histoires de tous ces personnages, efficacement décrits, est captivant. On aurait pu craindre de Patrick Besson, également journaliste, une déformation professionnelle de la langue mais celle-ci est fluide, débarrassée de la plupart des effets de style couramment employés par ses congénères. Enfin, il s’agit d’un des rares livres engagés publiés cette année et cela fait grandement du bien.   

Publié dans Critiques 09

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