Trois femmes puissantes, Marie NDIAYE (Gallimard)

Publié le par Le Prix Virilo



      
Lu par... Paul

Trois histoires brèves, parfois croisées, présentant des destinées individuelles au confluent de l'Afrique et de l'Occident. A en croire critiques et quatrième de couverture, on s'attend à un ouvrage qui traite de la solitude, des rapports familiaux ou des différences culturelles entre générations. C'est en fait avec Marie N'Diaye qu'on a rendez-vous.

Car à l'évidence, ce n'est pas le traitement de ces thèmes, pourtant amené de manière très fine, dont il est question ici. Trois femmes puissantes marque par son écriture dense et claire. L'auteur plante une atmosphère en quelques phrases, dresse un réseau complexe de relations avec une simplicité qui ne peut laisser indifférent. Passé le cap des premières phrases (d'une longueur inattendue), le lecteur se familiarise avec la langue incomparable de Marie N'diaye. La composition tripartite du roman lui fait hélas perdre un peu de son souffle à mesure que l'on progresse dans la lecture, mais cela n'enlève rien à la qualité des premiers tableaux.      





Lu par... Philippe

Il est difficile de rater autant le titre d'un livre et sa quatrième de couverture. Félicitons la NRF qui semble avoir d'ailleurs demandé à l'auteur de relier très artificiellement les histoires entre elles.

L'écriture est travaillée et possède une vraie patte, dont je ne suis pas fan, mais que je reconnais. Le vocabulaire est très choisi, peut être un peu trop, ce qui pousse à des tournures emphatiques (du style "irrépressible besoin de ne pas comprendre"). Le style est très intimiste, et offre à ces contes un style hantant rare, où la justesse des images est saisissante. Cependant, cela peut rendre aussi la lecture un peu éprouvante. Les autres récits ont moins de personnalité et moins de force mais sont plus agréables à lire car ils s'affranchissent un peu de l'exercice de style de la première nouvelle. Reste ce rythme entêtant, comme l'odeur âcre des fleurs de flamboyants.

Lu par... Bertrand


On peut être déçu par le caractère artificiel de la liaison entre les trois histoires qui constituent  ce roman. Chaque histoire a sa cohérence et surtout son style, ce qui renforce ce sentiment d’assemblage. Mis à part cette réserve, le livre de Marie Ndiaye offre un de ces moments de lecture assez rares quand en peu de mots, on prend la mesure d’une vie et quand des vérités qu’on avait seulement pu esquisser s’y trouve exprimées dans une langue d’une grande beauté. Et comme Marcel à la lecture de Bergotte, on a envie de « pleurer sur les pages de l’écrivain comme dans les bras d’un père retrouvé ».



Publié dans Critiques 09

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